Le CeeD vers un pancréas "hybride"

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4 mars 2013

FR3 Alsace a fait un sujet sur le pancréas bioartificiel
dans son édition 19/20 (seconde moitié de l'émission) :
http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_alsace_,78319919.html
où Michel Pinget situe à 10 ans le terme de validation
de ce pancréas.

C’est un nouvel « objet » médical que cherche à valider
le Centre européen d’étude du diabète (CeeD) de Strasbourg :

croisement entre le naturel et le synthétique, le pancréas bioartificiel
va être testé à l’échelle réelle grâce à un financement de 5,5 millions d’euros
accordé par la Commission européenne.

Le mot hybride est très à la mode, mais n’apparaît pas dans la présentation
du projet de recherche du CeeD.
Il pourrait pourtant évoquer la teneur originale
du programme lancé sur trois ans, appelé BIOSID.

Sur l’objectif, il s’agit d’aboutir à la première validation clinique,
autrement dit en fonctionnement réel dans un organisme,
d’un pancréas bioartificiel.
Quant au moyen, la technique utilisée relève sans aucun doute de l’hybride :
des cellules productrices d’insuline d’origine humaine ou animale
sont glissées dans une enveloppe protectrice en polymère, avant transplantation.

Ainsi sont-elles protégées de l’action délétère des anticorps et des cellules
immunitaires, responsables des fameuses réactions de rejet.
Dans le même temps, la paroi entourant le « moteur biologique »
ainsi greffé laisse passer le carburant nécessaire à son fonctionnement
(nutriments, oxygène), tout en diffusant l’insuline qui fait défaut
aux diabétiques de type 1, appelé insulinodépendant.

Doux rêve ? Même pas.
Le projet BIOSID repose sur 16 années de recherche,
et plusieurs programmes scientifiques intermédiaires,
qui ont permis au CeeD de mettre au point un prototype :
il ressemble à une poche souple d’une douzaine de centimètres de diamètre.

Un « moteur » à insuline, qui nécessite
de refaire « le plein » de cellules tous les trois à six mois.

Trois brevets ont été déposés sur le pancréas bioartificiel.
Le premier, dès 2002, touche à la membrane utilisée pour l’ensachage,
on parle plutôt d’encapsulation, des cellules sécrétant l’insuline :
cette paroi doit être supportable par le corps et sélectivement perméable.
Puis en 2010 ont été protégés la conception du système ainsi que les traitements
en surface permettant d’accélérer la vascularisation et de diminuer
l’inflammation suivant l’implantation.

Le moteur hybride à insuline existe donc déjà.
Épaulée par de précédents financements européens et
attestée par des publications scientifiques, son élaboration,
sous la houlette du Pr Michel Pinget et
grâce à l’engagement du Dr Séverine Sigrist,
constitue une réelle avancée technologique.
Filtrer les molécules nécessaires à cette machine biologique,
tout en distillant l’insuline, sans laisser entrer les autres
molécules dommageables, relève du tour de force.
Reste à faire fonctionner ce pancréas bioartificiel dans un organisme.
C’est l’étape que soutient aujourd’hui la Commission européenne,
au travers d’un projet coordonné toujours par le CeeD,
avec une collaboration étendue à quatre PME et trois organismes
de recherche publique au total, dans trois pays différents.

Vers une nouvelle voie de thérapie.
Il conviendra dans un premier temps d’assurer les meilleures
conditions de survie et de fonctionnement des cellules pancréatiques
protégées par la membrane synthétique.
D’autre part, sera démarrée une phase préclinique chez le gros animal,
pour pouvoir lancer par la suite de premiers tests sur l’homme.
Ce basculement nécessite de vérifier la sécurité et la compatibilité
biologique du pancréas artificiel.
Si ces essais sont positifs, une nouvelle voie de thérapie cellulaire
s’ouvrirait pour traiter le diabète de type 1.
Extrêmement problématique actuellement,
en raison du manque de donneurs mais aussi des phénomènes de rejet
et de la difficulté à « régler » la production d’insuline,
la transplantation d’îlots pancréatiques bénéficierait de la technique
mise au point par le CeeD de l’encapsulage.
À l’abri des agressions immunitaires, le pancréas bioartificiel
pourrait faire disparaître les suivis glycémiques incessants
pour le patient, ainsi que les injections complémentaires d’insuline
et les lourds traitements immunosuppresseurs.
Comme pour tout moteur, une visite de routine resterait nécessaire
tous les trois à six mois pour refaire « le plein » de cellules sécrétrices.
Et c’est là que se niche sans doute l’un des apports les moins évidents
et pourtant les plus spectaculaires du procédé reposant,
comme le souligne le Dr Sigrist, une approche physiologique,
au plus près de la réalité du corps humain :
en supprimant au plan médical l’inconvénient immunitaire et
au plan réglementaire l’écueil juridique des cellules souches,
le pancréas bioartificiel autoriserait le recours à des cellules d’origine animale
ou génétiquement modifiées.
« De quoi traiter un plus grand nombre de patients et pallier la pénurie d’organes ».

par didier rose, publié le 28/02/2013

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